Bordeaux Aquitaine Marine

Le bateau-soupe

Si une oeuvre de charité est restée dans la mémoire des bordelais, c'est bien celle de l'asile de jour installé sur l'Osiris. Nous présentons ci-après quelques articles de presse sur sa création. Rappelons que l'Osiris a été détruit par les allemands pendant la Guerre.    extrait de «La Petite Gironde», 19 Mars 1911 (Archives Municipales de  Bordeaux) « On sait que par son testament M. Osiris a légué à la Ville de Bordeaux une somme de 2 millions, consacrée à la fondation d'un asile de jour, où seront reçus à des heures fixées par la Municipalité des ouvriers âgés et indigents des deux sexes sans distinction de culte. Cet asile devant fonctionner dans un bateau aménagé à cette destination et devant être amarré au milieu de la Garonne. Un concours ouvert parmi les grandes maisons de construction maritimes vient d'aboutir, et le bateau refuge rêvé par M. Osiris sera bientôt construit et amarré sur la Garonne entre le Pont de Pierre et la passerelle. Ce concours qui comprenait deux épreuves successives réunissait sept concurrents. Le projet présenté par la Société Dyle et Bacalan, fait en collaboration avec MM. Freyloti et Trégan, architectes, et dont nous donnons plus haut une fidèle reproduction, fut classé premier. C'est cette société qui sera chargée de l'exécution du travail si le Conseil Municipal et le Préfet donnent leur approbation. Le prix de la construction de ce bateau asile sera de 340.000 frs. La coque en tôle d'acier mesurera 50 mètres de longueur et 12 mètres 50 de largeur. Il constituera une sorte d'édifice supporté par un flotteur dans le genre des pontons d'accostage, réuni à la terre par une passerelle articulée en fer de construction élégante et légère. Sur le premier pont se trouveront les installations principales ; cuisines avec guichets de distribution, réfectoires dont un de 80 places pour hommes, et de 26 places pour femmes, bureau de surveillant, magasin, WC, etc. Sur le pont supérieur, promenoir couvert, lavabos, salles d'attente, cabine médicale, poste de garde et logement du gardien. Les communications seront larges et faciles, et ce bateau sera éclairé et aéré par de larges baies. Le chauffage central et l'éclairage électrique sont prévus. Le construction du bateau asile Osiris sera chose faite d'ici un an, et ainsi seront réalisées les dispositions testamentaires de notre concitoyen». Extrait de « La Petite Gironde » du 31 décembre 1912, qui nous donne un aperçu de l'aspect de ce bateau : « Il offre sur l'eau tranquille du fleuve une silhouette élégante. Il ne rappelle point certes, du moins vu de loin, un navire. On dirait plutôt un immeuble original, vaste, avec terrasse, posé miraculeusement sur /a Garonne. » A hauteur du pont; se trouvaient le bureau des entrées, deux vastes réfectoires, la cuisine et sa laverie, le magasin des vivres. Le pont supérieur comprenait deux salles d'attente, les lavabos, le logement du gardien, deux pavillons isolés pour le service médical qui était assuré par le Bureau de bienfaisance du quartier Le chauffage par eau chaude devait permettre d'obtenir une température de 15° par des froids de —30°, l'éclairage électrique et l'eau potable étaient fournis par le réseau de distribution de la ville.
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