Bordeaux Aquitaine Marine

Introduction de la vapeur en Gironde

extrait de Charles COOK - Guide de l'étranger à Bordeaux et dans le département de la Gironde – BORDEAUX, 1869. En 1818, la Garonne est le premier navire à vapeur construit en France ; en 1820 le Triton, construit suivant le même brevet, est  le premier steamer à naviguer sur l’Océan Atlantique.

La vapeur : une révolution maritime

   La solidité de la coque et la sûreté des machines permet l’expansion de l’activité maritime. En effet, la Garonne navigue sans incident pendant plus de 9 ans. En 1820, ce bateau à vapeur assure le service à Pauillac en passant par Macau et Blaye. Il arrête son activité en 1827.  Dés son début et malgré les prix élevés, le service de transport maritime connaît un prodigieux succès. Mais à partir de 1820 la concurrence ne fait qu’augmenter. Citons par exemple le Gironde, nouveau navire de 50 CV, qui continue le service de Pauillac. De nombreux bateaux se succèdent au service de la population de plus en plus intéressée avec notamment l’Hirondelle en 1822 et l’Ingénieur en 1823.  Mais la plus illustre des compagnies reste la Compagnie Bordelaise créée à Lormont en 1828. A partir des années 1840, les prix baissent à cause de la concurrence des chemines de fer, et les compagnies fusionnent pour continuer leur activité ; notamment en 1858 avec la fusion des Bateaux du haut et du bas de la rivière, renommée en 1870 Gironde et Garonne.  En 1847, une compagnie bordelaise utilise pour la première fois un bateau à hélices.  C’est à cette période que le déclin des compagnies de navigation à vapeur sur la Gironde va commencer. Le port de Bordeaux se trouve compris, du nord au sud, entre le Magasin des vivres de la marine et les Chantiers de construction. Il mesure, dans sa courbe gracieuse, cinq mille sept cent rnètres de développement. Sa largeur, d'une  rive à l'autre à partir de la place Royale, est de six cents mètres à marée haute, sa profondeur est de neuf mètres et de cinq mètres mer basse. Les navires portant un fret de six cent tonneaux peuvent s'y maintenir, ceux d'un plus fort tonnage opèrent allègement à  Btaye ou à Pauilac, deux ports situés sur la Gironde et dont nous parlerons plus tard. Le port peut contenir au moins mille deux cents navires, les uns amarrés au port, les autres stationnant au large.  La forêt de mâts que forment ceux-ci, la variété des couleurs de leurs gammes et de leurs pavillons flottant au vent, le développement circulaire de quais larges et commodes, les façades des grands monuments qui encadrent ces derniers, le mouvement incessant de rembarquement des marchandises ou de leur emmagasinement, ce magnifique ensemble, cette continuelle activité, tout concourt pour donner à la grande cité girondine un aspect grandiose, et à la France une de ses plus belles stations maritimes.

Les paquebots

 Bordeaux possède plusieurs services réguliers de paquebots à vapeur pour le transport des voyageurs et des marchandises. Au premier rang nous devons citer les Paquebots-postes des Messageries Impériales (à Bordeaux, 19, quai de Bacalan), faisant le service entre la France, le Portugal, le Brésil et La Plata. Nous n'avons pas besoin de faire l'éloge de la Compagnie des Messageries Impériales et de ses riches bâtiments; tous les voyageurs disent et répètent le confortable et le luxe qu'on y trouve, aussi bien dans les cabines et les salons que dans la salle à manger où les mets les plus fins font croire que du milieu de l'Océan on entre dans les salons du baron Brisse ou de Véfour. Ces majestueuses hirondelles de l'Atlantique ont la force de 500 chevaux et parcourent en 25 jours environ 9,460 kilomètres. Le passager y est entouré de toutes les distractions : salon de conversation, salon de musique, excellente bibliothèque où toutes les langues sont représentées, où, anglais, espagnols, portugais ou allemands sont sûrs de trouver un compatriote et un ami dans le livre qui parlera leur langue et qui les entretiendra des souvenirs de leur patrie.  Ajoutons qu'à la vitesse du service la Compagnie des Messageries Impériales joint l'exactitude. Ci-après la liste des stations de ces paquebots avec l'indication des heures d'arrivée et de départ dans chacune d'elles :     ITINÉRAIRE DE LA LIGNE DE BORDEAUX AU BRÉSIL : Bordeaux - Lisbonne - Pernambuco - Bahia - Rio-de-Janeiro - Bahia - Pernambuco - Dakar – Lisbonne – Bordeaux.    ITINÉRAIRE DE LA LIGNE ANNEXE DE LA PLATA : Rio-de-Janeiro - Montevideo - Buenos-Aires - Montevideo - Rio-de-Janeiro. Ceux de Bordeaux à Saint-Pétersbourg, avec escale à Copenhague ; de Bordeaux à Hambourg; de Bordeaux à Rotterdam; de Bordeaux à Dublin et Glasgow; de Bordeaux à Liverpool; de Bordeaux à Londres; de Bordeaux au Havre; de Bordeaux à Nantes, à Brest, à La Rochelle. Les navires à voiles ont encore, malgré leurs concurrents à vapeur, des services réguliers pour tous les points du globe. Les départs sont fréquents pour la Plata (Montevideo et Buenos-Ayres), pour la Vera-Cruz, la Martinique et la Guadeloupe, la Havane, Santiago-de-Cuba, la Guayra et Porto- Cabello, L'î1e de la Réunion et Maurice, pour Pondichéry, Madras et Calcutta, Batavia, Manille et la Chine; pour Valparaiso; pour Melbourne et Sydney (Australie) ; pour le Sénégal; pour la Nouvelle-Orléans, New-York, Philadelphie; pour la Hollande, l'Angleterre, l'Espagne, la Suède et le Danemark, la Russie et les ports de la Baltique, Marseille, Trieste et l'Algérie.

 Les compagnies bordelaises

   De nombreux Bateaux à vapeur, de la Compagnie Dumeau et G 19, exploitent le bas de la rivière et partent du quai Vertical, près les colonnes rostrales, tous les matins, pour Pauillac et Mortagne. Ils font escale à tous les endroits importants des deux rives, tels que Bourg, Laroque, Blaye, et correspondent avec les voitures qui font le service de la Saintonge et de la Bretagne. En été, pendant la saison des bains, un service régulier est établi entre Bordeaux et Royan; chaque matin, partent un bateau d'aller et un de retour. Les Bateaux à vapeur du haut de la rivière, dirigés aussi par MM. Dumeau et Heyrin, partent tous les jours pour Langon et La Réole, faisant escale à tous les points intermédiaires. Le service régulier sur Agen est supprimé depuis quelques temps par la Compagnie. Une nouvelle Compagnie de petits bateaux à vapeur, les Hirondelles, vient de monter un service omnibus pour : La Bastide, toutes les cinq minutes ; Lormont, toutes les heures; La Tresne, toutes les deux heures. Le dimanche, les départs sont plus rapprochés. Une seconde Compagnie les Gondoles, a déjà créé une concurrence sur Lormont; on parle d'une troisième."

1865

 (source Anonyme)  "La Compagnie des Hirondelles en 1865 tout d'abord, puis les Gondoles et les Abeilles, toutes proposant de navettes régulières entre les deux rives [...]. Avec des embarcations ne dépassant pas 22m, fabriquées à Bordeaux, toutes coiffées d'une haute cheminée et de grands panneaux publicitaires "Bénédictine de Soulac", "Cafés Masset", "Picon"...)"
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