Bordeaux Aquitaine Marine

L’Armée Navale de Bordeaux - 1652 (l’Ormée)

Rappelons brièvement que l'Ormée est un mouvement radical qui émerge au milieu des luttes de factions dont Bordeaux est le théâtre dans les années 1649- 1651, et qui tient son nom d'une place ombragée où des membres du « menu peuple » avaient pris l'habitude de se rassembler. Les ormistes sont issus de la petite et moyenne bourgeoisie des métiers et des offices. Ils s'organisent en. Lorsque le parlement de Bordeaux, inquiet de la radicalisation du mouvement, veut interdire les assemblées, les ormistes s'emparent du pouvoir municipal, avec la complicité des agents de Condé (juin 1652). L'Ormée tente alors d'instaurer un nouveau type de pouvoir urbain reposant sur une assemblée de cinq cents personnes, un « conseil des trente », périodiquement renouvelable, et une milice. Face au blocus de la ville par les troupes royales, elle impose des mesures de « salut public » dont sont victimes les notables, suspectés de pactiser avec Mazarin. Mais, paradoxalement, l'Ormée tire sa force de l'appui, non dénué d'intentions manipulatrices, de Condé. Aussi, lorsque dans l'été 1653 ce dernier se rapproche de la cour, le sort de l'Ormée est-il scellé : les assemblées sont interdites, et Dureteste, son chef, est exécuté, mettant un terme à cette expérience de « république urbaine ».

L’ARMEE NAVALE DE BORDEAUX

Extrait des Archives Historiques de la Gironde1864, page 38 « L’Ormée tient près le port de Bordeaux avec ses alliés espagnols. Voici la composition de cette flotte., dite « Armée navale de Bordeaux ». extrait des Archives Impériales KK, 1219 p 208. « 1 Février 1652. ÉTAT des capitaines qui commandent dans l'armée navale de Bordeaux (navires, pataches, galères et brigantins). M. de Lalande, homme de M. le Prince, commandant l'Admiral, monté de trente pièces de canon et de cent cinquante hommes. Plus M. du Portail, natif de Bourdeaux, commandant la Nostre-Dame-Marie, navire de M. François, monté de vingt-quatre pièces de canon et de six-vingts hommes. Plus M. Chom…, de Chasteing, proche Brouage, commandant une frégate nommée la Fleur-de-Lys, montée de vingt-huit pièces de canon et cent trente hommes. Plus M. Raimonnet, dit Clopiou, commandant une frégate montée de dix pièces de canon et de quarante hommes. Plus la patache qui appartient à MM. du bureau du convoy, montée de six pièces de canon et trente hommes, commandée par Saint-Thomas, homme de Montricq. Plus Guitard, de La Tremblade, commandant une galère nommée la Princesse, montée de cinq pièces de canons et 100 hommes. Plus Syrac, du Tourne, commandant l'autre galère nommée l'Intendante, montée de cinq pièces de canon et 133 hommes. Plus Jean, de Cambes, commandant un brigantin. Plus François Boutin, marinier de Bordeaux, commandant un brigantin. Plus André, du Tourne, commandant un brigantin. Plus Rivière, de Preignac, commandant un brigantin. Plus Chaum…, chirurgien, natif de Bordeaux, commandant un brigantin. Plus Pierre Leurault, de Barsac, marinier, commandant un brigantin. Plus le nommé Lesparan, des Sallinières, aussy marinier, commandant un brigantin. Plus Gilbert, marinier de Bourg, commandant un brigantin. Plus Johannet Le Basque, marinier, commandant un brigantin. Plus Jehan, de Médoc, marinier, résidant à Bordeaux, au quartier du Chapeau-Rouge, commandant un brigantin. Plus Pierre Mousnier, marinier, des Sallinières, commandant un brigantin. Tous lesquels brigantins sont montés chasqu'un d'une pièce de canon et deux pierriers, de dix-huit hommes chasqu'un. ESPAIGNOLS. L'armée des Espaignols est composée de douze vaisseaux depuis vingt jusques à quarante-quatre pièces de canon, et de huit frégates de six et de huit pièces; mais il n'y a que demi équipage de matelots et de soldats». Note : cette flotte est composée de navires marchands armés en guerre. Rappelons que la frégate était le terme souvent utilisé à cette époque en Aquitaine pour désigner les navires marchands hauturiers.

SOURCES

Philipe Tamizey de Larroque – Etude critique sur l’Ormée à Bordeaux – Gounouilhou, Bordeaux, 1887 Hélène Sarrazin - La Fronde en Gironde : l'Ormée, un mouvement révolutionnaire, 1648-1654 – Dossiers d’Aquitaine, 1996 Courrier Bourdelois, 1652, n°54 Journal de tout ce qui s’est passé è Bordeaux, 1652,1653 Relation Véritale de tout ce qui s’est passé è Bordeaux, 1653
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