Bordeaux Aquitaine Marine

 Police de la Gironde par des galères en 1585

extrait de Archives municipales de Blaye, CC, 3. Expédition authentique sur parchemin. Transcrit par M. A. Ducaunnès-Duval, sous-

archiviste du département. (in AHDG T8, p86).

ARRÊT du parlement ordonnant l'exécution des lettres royales établissant un impôt pour l'entretien de deux galères sur la

Gironde. – 8 août 1585

Henri  III, par lettres-patentes du 2 juin 1585, avait ordonné de lever un impôt appelé le convoi, pour l'entretien de deux galères,

afin de protéger le commerce du fleuve, depuis Bordeaux jusqu'à son embouchure.

Sur la réquisition du procureur général du Roi, demandant l'entérinement de ces lettres, le maire de Bordeaux, les jurats et le

maréchal de Matignon s'étant assemblés, décidèrent que la cour entérinerait les lettres du Roi. En conséquence,

la Cour ordonne :

"Qu'il sera levé, sur toutes les marchandises entrant ou yssant par les quatre ports de Bordeaux, Libourne, Bourg et Blaye, deux

liards pour livre, sauf sur le pastel, pour lequel il sera payé vingt sous par balle;

Pour chaque pipe de sel qui, sortant desdits ports, montera la rivière, vingt sous;

Pour chaque tonneau de vin qui sera transporté hors de la sénéchaussée de Guyenne, douze sous tournois;

La même somme de douze sous tournois sur les vins qui viendront de la Saintonge;"

Cet impôt devait être levé sur les gens privilégiés ou non, excepté sur les bourgeois de la ville de Bordeaux, qui, cependant,

paieraient des droits pour le pastel, le sel et le vin du Haut-Pays.

Il ne devait être levé aucune imposition sur les blés, farines, chairs, poissons, foins, bois de chauffage et de construction, sur la

chaux et la pierre, ni sur les bateaux chargés ou vides qui viendront dans lesdits ports, de quelque port qu'ils soient.

Le tout jusqu'à la concurrence de 27,282 écus et un tiers une fois payés.

La levée de cet impôt devait être confiée à un bourgeois de Bordeaux, élu par les maire et jurats, sous le contrôle d'un autre

bourgeois, qui pourrait commettre, pour faire la recette de l'impôt dans les villes de Libourne, Bourg et Blaye, des personnes

capables : visiteurs, bilhetiers et autres officiers, dont il serait responsable.

Cette somme devait être employée à l'entretien desdites galères et à la solde des gens de guerre, à cheval et à pied, chargés de la

garde de la sénéchaussée de Guyenne, jusqu'à la fin de la guerre.

L'arrêt fixe aussi la manière dont l'impôt sera perçu; le salaire des contrôleurs et receveurs, etc."

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