Bordeaux Aquitaine Marine
L’Aquitaine produit du goudron végétal pour la Marine
extrait de la correspondance de M. Colbert, ministre de la Marine  AU SIEUR LOMBARD, COMMISSAIRE DE MARINE A BORDEAUX. Saint-Germain, 21 novembre 1671  J'ay reçu vos lettres du 3o du passé et des 6, 9 et 13 du présent, avec la facture du goudron que vous avez fait charger pour Dunkerque. Je m'assure que, suivant mes derniers ordres, vous en enverrez aussy au Havre-de-Grâce la quantité que je vous ay marquée; et, aussy tost que vous m'aurez fait sçavoir à combien le tout reviendra, je vous en feray remettre les fonds. Je suis extrêmement surpris du meschant procédé d'Elias Hall; informez vous soigneusement s'il est party ou non, parce que, s'il est retourné en Suède, l'ambassadeur du roy en ce pays-là en demandera justice . Il faut que vous excitiez les brusleurs de goudron de la Teste-de-Buch à rendre ledit goudron à Bordeaux où ils en trouveront un débit assuré, tant pour le Roy que pour les marchands; mais, sur toutes choses, appliquez-vous à maintenir et perfectionner cette manufacture, que je considère comme l'une des plus importantes de nostre marine, vous assurant que, s'il y a quelque dépense à faire pour cela, le Roy la fera volontiers.  Travaillez à vérifier tout ce que ledit Elias pouvoit devoir aux brusleurs de goudron, et continuez à les assurer que non-seulement il leur sera fait raison de ce qu'il a emporté, mais qu'à l'avenir ils seront payés régulièrement de tout le goudron qu'ils vous fourniront pour le Roy, et qu'ils recevront des marques de sa protection en tous rencontres. Excitez-les toujours à perfectionner cette manufacture, et empeschez-les de brusler du bois vert, puisque vous assurez que cela durcit le goudron.  signé Colbert (Arch. de la Mar. Dépêches concernant la marine, 1671, fol. 199.) _______________ AU SIEUR LOMBARD, COMMISSAIRE DE MARINE A BORDEAUX. Versailles, 21 janvier 1672.  J'ay reçu, avec vostre lettre du 11 de ce mois, l'estat général des vaisseaux sortis de la rivière de Bordeaux pendant l'année entière 1671.  Je suis bien ayse que vostre fils soit à présent dans les Landes et qu'il s'applique à perfectionner la manufacture du goudron; s'il y a quelque règlement à faire sur ce sujet, il sera nécessaire que vous en parliez à M. Daguesseau et que vous luy communiquiez vos pensées. En m'envoyant ensuite ce qu'il aura réglé, Sa Majesté l'autorisera par arrest du conseil. Mais soyez persuadé que vous ne sçauriez rien faire qui me soit plus agréable et mesme qui soit plus avantageux au pays de Médoc que de vous appliquer à faire en sorte que cette manufacture se perfectionne toujours de plus en plus, d'autant que j'apprends de tous nos ports où l'on a envoyé de ce goudron qu'il ne se trouve pas assez liquide ni si bon que celuy du Nord . signé Colbert  (Arch. de la Mar. Dépêches concernant le commerce, 1672, fol. iS.)  _______________  A M. DAGUESSEAU, INTENDANT A BORDEAUX. Versailles, 1" juillet 1672. Pour réponse à la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le 3 du mois passé, je suis bien ayse que vous espériez que le règlement que vous avez fait pour distiller le goudron, confirmé par l'arrest du conseil que je vous ay envoyé, produira le bon effet qu'il est à souhaiter. L'expédient que vous proposez, d'imposer 10 sols sur chaque baril de goudron, est un peu difficile à pratiquer, d'autant qu'il faut procurer, par tous les moyens possibles, l'abondance dans le royaume de tout ce qui sert à la marine, et les brusleurs de goudron dans le Médoc ne le peuvent donner aussy bon et à meilleur marché que celuy du Nord. Il sera impossible qu'ils en puissent fournir une quantité assez considérable pour se pouvoir passer de celuy-là ; et, si on le chargeoit de droits, il se trouveroit que la navigation enchériroit en France, ce qu'il faut éviter avec beaucoup de soin. Ce n'est pas qu'avec le temps, et si vous estimez que cela soit absolument nécessaire, le Roy pourroit faire réflexion pour ordonner cette imposition. Pour ce qui est des avances à faire aux brusleurs de goudron, je m'étonne que le sieur Lombard n'y ayt pas pourvu, vu que j'ay donné ordre au trésorier de la marine, dès le 13 février dernier, de remettre 30,000 livres à Bordeaux pour faire ces avances. El, comme ledit Lombard le sait, vous pourrez faire faire les payemens que vous estimerez nécessaires sur ce fonds. signé Colbert  (bibl. des Invalides, Ms. Correspondance de M. Colbert)
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