Bordeaux Aquitaine Marine

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Sourdis (Henri d’Escoubleau de -)

SOURDIS (Henri D'escoubleau de -)

(extrait de P. Levot & Doneaud A. - Les gloires maritimes de la France – Arthus Bertrand, Paris, 1866).

Archevêque de Bordeaux et lieutenant-général des armées navales, né, vers 1575, d'une ancienne famille qui eut pour berceau la terre d'Escoubleau, près de Châlillon-sur-Sèvre, en Poitou, entra dans les ordres, succéda, en 1623, à son oncle dans l'évêché de Maillezais, et plus tard (1628), à son frère François, en qualité d'archevêque de Bordeaux. Mais, plus fait pour porter l'épée que la mitre, il obtint de Richelieu d'être appelé à concourir au siège de la Rochelle, comme intendant de l'artillerie, et directeur des vivres. Il y fit preuve de telles qualités militaires que, dans la guerre contre l'Espagne, Richelieu lui conféra le titre de « chef des conseils du roi en l'armée marine » sous les ordres du comte d'Harcourt, lieutenant-général de la flotte. L'expédition partit, en 1636, de Saint- Martin de Ré; mais, retardée par divers incidents, entre autres par la jalousie de Pontcourlai, général des galères, elle ne s'empara qu'en 1637, après deux mois et demi de résistance, de l'île Sainte-Marguerite. L'année suivante, Sourdis, seul chargé de la direction de la flotte du Ponant, vint seconder les opérations de l'armée de terre en Espagne. C'est dans cette campagne qu'il incendia toute une flotte espagnole dans la rade de Guétaria, près de Fontarabie. En 1639, avec l'appui de quelques navires, il emporta les deux places de Loredo et de Santona en Biscaye. En 1640, il s'empara de plusieurs bâtiments espagnols sur la rade de Naples. En 1641, chargé du blocus maritime de la place de Tarragone que le maréchal de la Motte-Houdancourt assiégeait par terre, il ne put empêcher un convoi de ravitailler la place. Disgracié pour cet échec, il quitta la carrière des armes, et ne s'occupa plus désormais que du soin de ses ouailles. Il mourut en 1645, et son corps fut transporté dans la chapelle de l'ancien château de Jouy, près Versailles, domaine de sa famille. Sourdis a laissé des Mémoires qui ont été publiés, en 1839, par Eug. Sue. Il était d'un caractère très-impérieux. Le duc d'Épernon, gouverneur de Guyenne, non moins hautain mais plus brutal, s'emporta, dans un différend très-vif avec lui, jusqu'à le frapper. Richelieu, ennemi d'Épernon, prit cette affaire fort à cœur, et le duc dut faire à Sourdis les excuses les plus humiliantes.
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