Bordeaux Aquitaine Marine

Ports secondaires basques

Saint Jean de Luz en 1718

Extrait du livre de Jean Baptiste Bailac, Nouvelle chronique de la ville de Bayonne, par un Bayonnais, imprimé chez Duhart-Fauvet,Bayonne,1827.

Saint-Jean-de-Luz, en latin Luisium ou Fanum Sancti Joannis luisii, à l'embouchure de la Nivelle ( autrement Urdaçuri), avait en 1718 une population

de quatre mille huit cents habitans, et n'en renferme aujourd'hui que deux mille quatre cents. Ciboure, qui en est séparé par la Nivelle, contenait

en 1718 trois mille habitans, et n'en a aujourd'hui que dix-sept cents. La décadence de ces deux communes a suivi celle des pêches françaises et du

commerce avec l'Espagne. Depuis environ un siècle, l'envahissement progressif de la mer a fait disparaître deux rues entières à Saint-Jean -de-Luz.

Il y a peu d'années qu'on voyait encore, à une petite distance du rivage, les débris d'un couvent. Louis XVI avait eu la pensée d'y établir un port de

refuge pour les vaisseaux de guerre.

Des môles magnifiques, construits à cette époque, ont été rompus et emportés. Depuis longtemps les soins du gouvernement se bornent à

défendre la ville contre l'empiétement des flots , et à prévenir la submersion du bassin de la Nivelle , qui entraînerait la déviation de la route

d'Espagne à une grande distance et à travers les montagnes. Jusqu'ici plusieurs digues, élevées dans ce but, avec de grandes dépenses, n'ont eu

qu'une existence de courte durée, soit que les plans aient été mal conçus ou mal exécutés, soit que la violence extraordinaire des vagues sur cette

côte, au moins dans les fortes tempêtes, exige des moyens de résistance d'une création hardie , et qui s'élèvent au dessus des méthodes usuelles

de la science.

Le port de Cap-Breton

Extrait du livre de Jean Baptiste Bailac, Nouvelle chronique de la ville de Bayonne, par un Bayonnais, imprimé chez Duhart- Fauvet,Bayonne,1827.

Capbréton, à un myriamètre (1) et demi de Bayonne, a été beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui. En 1492, il s'y trouvait dix-huit prêtres

habitués. En 1568, les habitans perdirent dix navires chargés qui revenaient de Terre-Neuve ; et vers le même temps ils envoyèrent, par l'ordre de

Montluc, six chaloupes armées et montées de cent cinquante hommes, vingt-cinq hommes pour la garde de Bayonne, et deux galions pour la

sûreté de la rivière de l'Adour.

En 1690, 1691 et 1692, ils perdirent trois cents hommes au service du Roi. Cent d'entre eux étaient alors, dit-on, pourvus du titre de capitaine de

navire. Le vin deCapbreton a joui longtemps d'une grande réputation. En 1609, on y récolta dix-neuf cents barriques, sans compter le vin du

procureur du Roi. Il ne reste aujourd'hui que quelques vignes à l'ouest de la rivière qui passe dans le bourg.

Des marins expérimentés pensent qu'on pourrait, sans beaucoup de frais, pratiquer à Capbreton un havre propre à recueillir les navires caboteurs

assaillis par la tempête sur cette côte fertile en naufrages. Cette opinion, combattue par des juges compétens , a réuni peu de suffrages, au moins

en ce qui concerne la modicité de la dépense nécessaire.

(1) [ndlr] le myriamètre, unité utilisée sous la Révolution, valait 10 km ou 3 lieues.

 

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