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Bayonne au Moyen Age

Extrait du livre de Jean Baptiste Bailac, Nouvelle chronique de la ville de Bayonne, par un Bayonnais, imprimé chez Duhart-Fauvet, Bayonne, 1827.

Les origines

"La ville de Rayonne a été connue jusqu'au onzième siècle sous le nom de Lapurdum, nom demi-basque et demi-celtique, dit-on (lapurra, désert -

dun, bas, haut, profond): on trouve ce nom pour la première fois dans la notice d'Antonin, composée vers la fin du troisième siècle, lorsque

Honorius gouvernait l'occident. Le tribun de la cohorte de la Novempopulanie, y est-il dit, "réside à Lapurdum, dans le pays des Tarbelliens". 

"L'ancien Lapurdum était situé sur la rive gauche de la Nive, tout près de son confluent avec l'Adour, et à environ une lieue de la mer".

La langouste au 5e siècle

"La pêche devait être déjà une source d'aisance pour les habitans : Sidoine Apollinaire vante dans une de ses lettres les langoustes de Lapurdum".

Les Vikings débarquent - 841

"En 841, quelques chefs normands, cherchant un établissement commode sur ces côtes, pénétrèrent dans l'Adour, et s'emparèrent de Lapurdum. Il

paraît qu'ils s'y maintinrent longtemps, et que de là sortirent ces bandes d'aventuriers qui désolèrent le Béarn, l'Armagnac et la Bigorre, jusqu'au

temps de Guillaume Sanche[1]".

La langue basque en 1308

"Les actes publics ne commencèrent à être rédigés en français qu'après l'année 1539 [ndlr : les actes publics étaient rédigés en latin ou en

romance, c'est-à-dire  en gascon].  Au reste, le dialecte bayonnais est un mélange de béarnais et de landais , plus ou moins altéré par des locutions

et des mots étrangers, comme dans toutes les villes de commerce".

La côte des pirates - 1331

"En 1311, des procurateurs nommés par les rois d'Angleterre et d'Espagne , accommodèrent quelques différens survenus entre les hommes de

Bayonne et de Biarritz, d'une part, et ceux d'Ordoalhes, Saint-Ander et Larédo, de l'autre. Ces brouilleries, souvent renouvelées avec d'autres ports

des côtes de Biscaye et de Galice, eurent toujours un même motif, le pillage de quelques vaisseaux, des violences commises contre quelques

marchands. En général les côtes d'Espagne ne devinrent sûres que fort tard, et on ne put y trafiquer longtemps qu'avec des vaisseaux armés".

En guerre contre les Français - 1337

"En l'année 1337, la guerre s'étant renouvelée entre la France et l'Angleterre, la ville de Bayonne eut ordre d'équiper pour le service du Roi vingt

vaisseaux et dix galées, comme de coutume. Edouard III lui envoya, à compte sur les dépenses de l'armement, la somme de trois cents livres

sterlings. Pés ou Pierre de Puyane, maire et vicaire de Bayonne, fut nommé amiral de cette flotte, qu'il conduisit dans les mers d'Angleterre.

Au mois de novembre, il se signala par la prise de deux gros vaisseaux flamands, sur lesquels étaient l'évêque de Glascow, cent cinquante

gentilshommes écossais, avec un petit corps de troupes françaises, et une somme d'argent destinée pour les brussiens [2] d'Ecosse. Edouard

complimenta la ville sur cet exploit de son amiral, et récompensa ce dernier par le don des revenus des ports de Biarritz et de Bédorède.

En 1340, année où se donna la bataille de l'Écluse, le même Pés de Puyane alla joindre l'armée royale, avec tous les bâtimens de trente tonneaux et

au dessus qui se trouvèrent dans le port de Bayonne.  A l'exemple de son ayeul, Edouard III, en commençant la guerre, redoubla de bienveillance

envers les Bayonnais. Après avoir promis de ne laisser jamais à leur charge les dommages qu'ils pourraient faire essayer sur mer à ses ennemis, de

ne conclure de paix ou de trêve sans les y comprendre, il les affranchit du péage de douze deniers par tête qu'on levait alors au château de Belin

dans les Landes, ainsi que de la taxe de trois deniers par livre imposée sur toutes les marchandises étrangères à l'entrée et à la sortie du royaume

d'Angleterre.

Il fit également cesser les exactions du sire d'Albret et du vicomte d'Orte, qui rançonnaient arbitrairement les marchands qui passaient devant les

châteaux d'Hastingues, de Guiche et de Peyrehorade, et obligea même le premier à restituer les effets de quelques bâtimens naufragés sur ses

terres, auxquels il avait appliqué le droit de wreccum*, quoique les propriétaires et les matelots fussent parvenus à se sauver. En 1339, les sujets du

roi de Castille s'étant emparés d'un navire appartenant à Jean de Beris de Bayonne, dont le chargement était estimé huit cents marcs sterlings , le

même prince fit saisir en Angleterre des marchandises castillanes d'une valeur égale à celle du chargement et du navire enlevés".

Confirmation de la coutume - 1498

En 1498, le roi Louis XII confirma aux Bayonnais la liberté et coutume d'élire un homme suffisant, idoine et juriste en l'office de clerc de la dite cité,

lequel clerc de son office doit remontrer, déclarer, entendre et interpréter les droits qui sont baillés en procès et écriture des litigeans et plaidoyans

en la cour des dits maire et échevins”.

Il défendit en outre , conformément aux établissemens anciens de la dite cité, à toutes manières de gens, tant habitans d'icelle qu'étrangers, de

mettre dedans ne en termes de juridiction, soit par mer ou par terre, aucuns vins étrangers, depuis le jour et fête de Saint-Michel de septembre

jusqu'au dimanche de Pâques fleuries, si non que ce soit pour le charger en navires de la dite cité, et les tirer par la grande mer, ne aussi aucuns

cidres en quelque temps que ce soit, sans le congé et permission du maire et de son conseil ; pareillement de décharger ou exposer en vente nuls

bleds en autre port qu'en la dite cité, depuis qu'ils seront entrés par le Boucau de la dite ville, où seront descendus par la rivière douce au dessous

du lieu et port appelé Hourgave, auquel lieu s'assemblent les rivières de l'Adour et du Gave, qui sont navigables et portent grands bateaux, et

passent joignant aux murailles de la dite ville, et au dessous d'icelle, se joignant à la rivière de la Nive, qui descend des montagnes Pyrénées, et

passe par le milieu de la dite ville, et toutes ensemble tombent dans la grande mer au dit lieu appelé le Boucau. Enfin, il déclara que les Bayonnais

avaient privilège exprès de demeurer à perpétuité sous sa seigneurie et commune, et d'être unis et conjoints en son vrai domaine , sans qu'ils

pussent en être séparés ni mis en autres mains pour quelque cause que ce fût.

[1] Tribu écossaise.

[2] Voir l'article de Pierre GOUTX dans la page "Histoire - Moyen Age".

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